← Toutes les ressources
Louer

Révision annuelle du loyer à Paris : vérifier l’indice et la clause du bail

À Paris, vérifiez la clause, le trimestre d’IRL, le DPE et le délai avant toute révision annuelle du loyer. Une méthode claire pour bailleurs et locataires.

Bail et calculatrice posés près d’une fenêtre donnant sur les toits de Paris, pour illustrer la révision annuelle d’un loyer.

À Paris, une révision annuelle du loyer se prépare à partir du bail, de son trimestre de référence et de la date prévue. Le dernier indice publié ne s’applique pas automatiquement à tous les logements : la révision doit être prévue au contrat, certaines situations l’interdisent et la demande doit respecter un délai. Cette méthode permet au bailleur de vérifier son calcul et au locataire de comprendre ce qui lui est demandé.

Distinguer la révision annuelle des autres hausses

Une révision annuelle intervient en cours de bail. Elle s’appuie sur l’indice de référence des loyers (IRL) et sur une clause du contrat. Ce mécanisme est différent d’une fixation de loyer lors d’une nouvelle mise en location, d’une réévaluation proposée au renouvellement ou d’un accord particulier entre les parties. Les règles et documents à consulter ne sont pas les mêmes.

À Paris, le loyer de référence dépend notamment de l’adresse, du type de location, du nombre de pièces et de l’époque de construction. La page officielle sur le montant du loyer à Paris distingue plusieurs évènements liés au bail ; sa période d’application et les références en vigueur doivent être vérifiées au moment concerné. Elle ne remplace pas la clause d’indexation d’un bail en cours.

Si votre question porte surtout sur le plafond du loyer à la signature ou au renouvellement, consultez notre guide sur l’encadrement des loyers à Paris et celui sur la construction d’une fourchette de loyer. Ici, le sujet est plus ciblé : appliquer, ou vérifier, une révision prévue pendant le bail.

Relire le bail avant de chercher un indice

Commencez par relever quatre éléments dans le contrat : la clause de révision, la date à laquelle elle peut s’appliquer, le trimestre d’IRL de référence et le montant du loyer mensuel actuellement dû. Ne partez pas d’un ancien tableau ou d’un simulateur avant d’avoir retrouvé ces informations.

Pour un bail d’habitation du secteur privé, le propriétaire peut réviser le loyer une fois par an si le contrat contient une clause en ce sens. En l’absence de clause, le loyer ne peut pas être révisé selon l’IRL. La date est celle convenue dans le bail ou, à défaut, le terme de chaque année du contrat. Si le contrat ne fixe pas de trimestre de référence, la loi retient le dernier indice publié à la date de signature. Ces règles figurent à l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 et sont détaillées dans la fiche officielle sur l’indice de référence des loyers.

Vérifiez également le type de contrat. Un bail mobilité, par exemple, ne permet pas de réviser le loyer pendant sa durée. Les logements soumis à des régimes spécifiques peuvent suivre d’autres règles : ne transposez pas automatiquement le calcul d’un bail d’habitation classique à un logement social, conventionné ou soumis à la loi de 1948.

Choisir le trimestre prévu au contrat

L’IRL est publié par trimestre. Il faut comparer le trimestre de référence de l’année en cours avec le même trimestre de l’année précédente. Le trimestre n’est pas un choix laissé au bailleur le jour du calcul : il découle du bail ou, si le contrat ne le précise pas, de l’indice le plus récent à sa signature.

Au 5 novembre 2026, le dernier indice publié pour la métropole est celui du troisième trimestre 2026 : 148,06, soit une évolution de 1,57 % sur un an. L’Insee l’a publié le 15 octobre 2026. Ce chiffre donne un repère utile, mais il ne signifie pas qu’un loyer parisien peut être augmenté de 1,57 % à cette date. Si votre bail vise un autre trimestre, c’est cet autre trimestre qu’il faut prendre. Les valeurs et leurs dates de publication sont consultables sur la page de l’IRL du troisième trimestre 2026 de l’Insee.

Refaire le calcul à partir du loyer en cours

La formule publiée par Service-Public est : nouveau loyer = loyer mensuel actuel × IRL du trimestre de référence de l’année en cours ÷ IRL du même trimestre de l’année précédente. Le calcul se fait sur le loyer applicable juste avant la révision et le résultat est arrondi au centime le plus proche. La fiche officielle IRL de Service-Public détaille les données à utiliser et renvoie à un simulateur.

Exemple fictif : supposons qu’un bail prévoit une révision au troisième trimestre, que le loyer mensuel actuel soit de 1 300 € et que les autres conditions soient réunies. Avec l’IRL métropolitain du troisième trimestre 2026 (148,06) et celui du troisième trimestre 2025 (145,77), le calcul donne 1 300 × 148,06 ÷ 145,77, soit 1 320,42 €. Cet exemple illustre la formule ; il ne vaut que si ce trimestre est bien celui prévu pour ce bail et si la révision est autorisée.

Gardez les charges à part du loyer dans votre vérification. À Paris, si le bail prévoit un complément de loyer, Service-Public précise que le montant à réviser correspond au loyer de base additionné de ce complément. Ne recalculer que le loyer de base pourrait donc donner un résultat incomplet dans cette situation. Pour un forfait de charges en location meublée, vérifiez aussi les règles propres à ce forfait.

Vérifier le DPE et le délai d’application

Avant d’appliquer une hausse, vérifiez la classe énergétique indiquée sur le DPE ainsi que la date de conclusion ou de renouvellement du bail. En métropole, la révision est interdite pour un logement classé F ou G lorsque le bail a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022. La règle est inscrite à l’article 17-1 de la loi de 1989 et rappelée dans la fiche IRL de Service-Public. Si le DPE a changé ou si la situation contractuelle est particulière, faites vérifier les pièces avant tout calcul.

Le calendrier compte aussi. Le bailleur dispose d’un an après la date prévue pour manifester sa volonté d’appliquer la révision. Si la demande intervient dans ce délai, le nouveau montant prend effet à partir de la demande ; il n’est pas rétroactif. Après un an, la révision correspondant à l’année écoulée est perdue. Pour éviter un rappel erroné, notez la date prévue, celle de la demande et la date de prise d’effet retenue.

Présenter un calcul compréhensible et en garder la trace

Un avis de révision utile tient en quelques lignes : le montant actuel, la clause du bail, la date de révision, le trimestre et les deux valeurs d’IRL, l’opération, le montant calculé et sa date d’application. Joignez ou indiquez la source de l’indice. Une présentation lisible permet au locataire de refaire le calcul et au bailleur de retrouver les raisons du montant retenu plusieurs mois plus tard.

Côté bailleur, conservez ensemble le bail signé, le DPE applicable, la page Insee consultée et une copie de la demande adressée. Côté locataire, comparez ces éléments à votre contrat : le bon trimestre, le bon loyer de départ, le respect du délai et la classe du logement. Si une donnée ne correspond pas, demandez d’abord une explication écrite et gardez l’échange. En cas de désaccord persistant ou de situation spécifique, l’ADIL peut vous orienter sur les règles applicables à votre dossier.

Quand faire relire le dossier

Une vérification extérieure est utile si la clause est ambiguë, si plusieurs avenants modifient le loyer, si le logement dispose d’un complément de loyer, si son DPE a changé ou si une réévaluation intervient au même moment qu’un renouvellement. Ces situations ne se résument pas à remplacer un nombre dans une formule.

Pour un bailleur qui souhaite déléguer le suivi courant, Maison Belrose présente son accompagnement de gestion locative à Paris. Une revue du bail, des dates et des pièces peut aussi être organisée avec l’agence avant l’envoi d’une demande ; elle ne remplace pas l’avis d’un juriste lorsque l’interprétation du contrat est contestée. Pour préciser le besoin, vous pouvez contacter Maison Belrose.

La bonne prochaine étape est simple : ouvrez le bail, notez sa clause et son trimestre, puis confrontez-les à l’IRL officiel correspondant et au DPE du logement. Si ces éléments ne concordent pas clairement, suspendez le calcul et faites confirmer la règle adaptée avant de modifier le montant demandé.

Sources consultées

Des repères vérifiables.

  1. Service-Public — Indice de référence des loyers (vérifié le 15 octobre 2026)
  2. Légifrance — Loi du 6 juillet 1989, article 17-1 (version en vigueur au 4 novembre 2026)
  3. Insee — IRL du troisième trimestre 2026 (publication du 15 octobre 2026)
  4. Service-Public — Montant du loyer à Paris (vérifié le 1er juillet 2026)

Guide côté bailleur sur la lecture de la clause, le trimestre IRL, le délai d’un an, le DPE et la distinction avec le cadre parisien de fixation du loyer. Vérifications effectuées le 5 novembre 2026 auprès de sources officielles.